II) L'évolution actuelle et future du Bassin d'Arcachon

Publié le par lafindubassindarcachon.over-blog.fr

 

 

La forme du Bassin d'Arcachon change en fonction des tempêtes donc il est impossible de faire une carte totalement fiable.

L'entrée du Bassin est pour les marins l'une des plus redoutées de nos côtes.

Actuellement, il y a 2 chenaux qui permettent aux bateaux d'entrer dans le Bassin. (les jours de tempête impossible de passer).

Il y a la passe de Toulinguet qui se situe entre le Banc d'Arguin et la pointe du Cap Ferret (chenal principal) et la passe sud (ancien chenal principal) qui longe la côte depuis la pointe du Banc de Pineau jusqu'au Moulleau.

 

 

A) Le mécanisme des passes

 

Comme dit précédemment, l'entrée du Bassin d'Arcachon est formée de deux chenaux principaux appelés "Passes".

 

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Chaque jour, des quantités énormes d'eau transitent par ces passes : 370 millions de mètres cube d'eau à une vitesse moyenne de 2 mètres par seconde.

Au fil des années, la passe Sud se déplace vers le Sud, et la passe Nord s'élargit peu à peu, et cela aura pour conséquence de laisser un unique chenal central dans 20 à 30 ans : l'ancienne passe Nord.

 

 

 

 

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(Les parties grisées représentent les courants marins)

 

Nous pouvons voir sur ce schéma le cycle des passes de 80 ans.

En 1932, la configuration des passes est la même qu'en 2010. 20 ans plus tard, la passe Sud a disparu et la passe Nord deviens une passe unique. Puis en 1972, l'amorce d'une nouvelle passe Nord commence à se dessiner, tandis que la passe unique s'est décalée au Sud. En 1990, les passes Nord et Sud sont de nouveau distinctes.

 

 

Le phénomène de déplacement des bancs de sable séparant les différentes passes est un phénomène naturel cyclique. La passe Nord que nous connaissons aujourd'hui se retrouvera donc progressivement au Sud, et une nouvelle passe se dessinera au Nord. Les chercheurs considèrent que dans 80 ans, l'entrée du Bassin aura retrouvé la même configuration que celle actuelle.

 

 

   

B) L'influence des courants 

 

 

  Il existe différents courants qui influent sur la structure des passes.

 

Les courants océaniques :

Nous nous intéresserons principalement aux courants océaniques de surface qui concernent les 300 premiers mètres de l'océan. Ce courant est principalement causé par le vent.

 

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Les courants de surface sont donc plus forts au niveau des côtes et donc au niveau de l'entrée de Bassin située sur la côte Atlantique.

 

A cela s'ajoute l'effet Venturi, un phénomène de dynamique des fluides : quand un fluide passe entre deux obstacles (ici les passes), il est accéléré. Le courant est donc plus fort entre la pointe du Cap Ferret et Le Pyla ce qui empêche aux sédiments de s'accumuler et de combler ainsi l'entrée du Bassin. 

 

 

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Sur ces cartes des courants marins, nous pouvons observer que les vecteurs vitesses des courants sont plus importants à l'entrée du Bassin dans chaque passe. L'effet Venturi est donc vérifié.

 

  courant-02122007.jpg 

 

            

 

 

 

 

       Le courant de la Leyre est quand à lui moins puissant que les courants ayant pour origine l'océan et n'a pas d'influence sur le mécanisme des passes.

 


        Malgré tout, même si à l'entrée l'envasement est minime grâce aux forces exercées, les sédiments sont chariés vers le coeur du Bassin et s'y déposent, provoquant un comblement progressif.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

La vase se déposant au fond du Bassin en raison des courants peu forts en son centre est alors fixée à cause des Spartines de Townsend. Ce sont des plantes poussant sur la vase meuble, qui la durcissent puis sèchent dessus. Une autre couche de vase se dépose ensuite par dessus, d'autres plants de Spartine poussent, sèchent, etc.

Ceci amène à un exhaussement du fond du Bassin de 15 mm à 30 mm par an.

Cette plante occupe actuellement 3500 hectares du Bassin, et les scientifiques considèrent qu'elle colonisera l'ensemble d'ici 30 à 40 ans.

 

eros_depo.jpg (Ici les zones rouges indiquent les zones de dépot des sédiments)

 

   

Pour palier à ce problème de comblement, des dragages sont organisés plusieurs fois par an. Cependant, cela ne pourra pas inverser totalement ce processus naturel d'envasement.

 

 

Le long de la côte atlantique il y a de nombreux lacs d'eau douce girondins et landais. Le Bassin échappe à cette évolution grâce au débit de la Leyre et aux échanges d'eau entre l'océan et les passes.

 

C) L'érosion du Cap-Ferret

 

Nous avons donc vu précédemment que le Bassin d'Arcachon ne pouvait pas se fermer, mais nous pourrions maintenant nous demander s'il est possible qu'il s'ouvre plus vers l'océan.

Depuis de nombreuses années, une réduction visible et inquiétante de la presqu'île du Cap Ferret a lieu. En effet, à la pointe sont perdus 15 à 17 mètres par an, et 2 à 3 mètres côté océan.

 

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Ci-dessus, les pointillés rouges indiquent les frontières actuelles de la pointe du Cap-Ferret.

Notons que la photo de 1963 a été prise à marée haute, tandis que celle de 2010 l'a été à marée basse. L'écart entre les deux années est donc normalement encore plus impressionnant.

 

   

Il y a donc une énorme progression de l'érosion, accentuée par des effondrements réguliers de dunes dûs à de forts courants et à l'impact de la houle (lors de tempêtes par exemple).

De nombreuses digues ont été construites, et ce depuis des années. La plus connue est la digue de Monsieur Bertherotte, qu'il entretient depuis plus de 20 ans afin de palier à l'érosion de la pointe.

 

digue_capferret_bartherotte.jpg

Digue Bertherotte (partie la plus proche de l'océan)

 

 

 Mais quelques hommes ne suffisent pas à lutter contre la force de la Nature. Sa disparition est progressive et inévitable.

Au phénomène d'érosion s'ajoute le problème de l'augmentation du niveau de la mer. Il est dû principalement à la dilatation des océans, effet du réchauffement climatique.

 

  

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